Décidant que les études universitaires n’avaient plus rien d’intéressant à lui offrir, Ron Hubbard quitta l’université au cœur de la dépression, reprenant sa quête du savoir et ses voyages autour du monde. « Mon travail d’écrivain, dit-il en évoquant cette période, finança mes recherches ; cela comprenait des expéditions menées dans le but d’enquêter sur des peuplades primitives ; je voulais voir si je pouvais trouver un dénominateur commun à l’existence qui soit utilisable. »
Il dirigea deux expéditions : l’expédition cinématographique des Caraïbes, un voyage de deux mois et demi durant lequel il parcourut 5 000 miles marins à bord d’une goélette à quatre mâts, le Doris Hamlin, et l’expédition minéralogique des Antilles, la première étude minéralogique de Porto Rico menée à son terme depuis que l’île était sous autorité américaine. À son retour aux États-Unis, les bourses d’études scientifiques se faisant rares, il commença à faire son chemin vers la fortune et la renommée en écrivant. C’est ainsi qu’il finança ses recherches en devenant l’un des écrivains les plus populaires des années 1930.
Comme le mentionnait en octobre 1934 le rédacteur en chef de Thrilling Adventures, l’un des trente magazines pour lesquels Ron Hubbard écrivait : « Ron Hubbard n’a pas besoin d’être présenté. Si j’en crois les lettres que vous nous envoyez, ses récits font partie des plus populaires que nous ayons publiés. Nombre d’entre vous se sont aussi demandé comment il s’y prend pour raconter des histoires aussi merveilleusement colorées et décrire ces contrées lointaines avec autant de vérité. Voici la réponse : il y a été, mes amis. Il y a été, il a vu, il a agi, et il y a mordu à pleines dents. »
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« D’une façon ou d’une autre, Ron Hubbard savait des choses que l’on ne s’attendait pas à trouver chez une personne de 25 ans : comment pensaient les gens, ce qu’ils éprouvaient, et les buts pour lesquels ils se battaient. Il savait quand vous deviez accepter de vous faire battre à plate couture, afin d’avoir une chance de remporter la victoire finale. »
Richard Kyle, éditeur du magazine Argosy
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Tout en continuant d’écrire des nouvelles pour ses éditeurs de New York et des scénarios comme
le Secret de l’île au trésor pour Hollywood, il poursuivit sans relâche ses recherches capitales sur la nature de l’homme.
Ron Hubbard était en quête d’un principe fondamental qui permettrait d’unifier la connaissance et qui expliquerait la signification de l’existence, ce que d’autres philosophes avaient en vain tenté de trouver par le passé. En fait, nombre de philosophes occidentaux avaient abandonné l’idée selon laquelle les différents peuples ont quelque chose en commun, et ils ne se posaient même plus de questions à propos de concepts comme la force vitale ou l’essence de la vie. L’homme était simplement devenu un animal comme les autres, fait de chair et de sang.
Ron Hubbard, lui, voyait l’homme sous un tout autre jour. Il n’était pas parvenu à donner un nom à ses intuitions, mais il sentait que la vie ne se réduisait pas à une série de réactions chimiques aléatoires. Assurément, il devait exister quelque chose de plus, une impulsion intelligente qui se trouverait à l’origine de nos actions. Ayant remis de l’ordre dans l’énorme quantité de données qu’il avait réunies lors de ses voyages, de ses recherches et de ses expériences, il s’engagea sur une toute nouvelle voie de recherche. Cette fois-ci, il cherchait à déterminer comment fonctionnaient les cellules. À la suite d’une série d’expériences complexes effectuées au début de 1938, il fit une percée d’une ampleur considérable : il isola le dénominateur commun de l’existence : « SURVIS ! »
Que l’homme survive n’était pas une idée nouvelle. Ce qui était nouveau, c’était de voir que c’était le seul dénominateur commun et fondamental de toute existence.
La théorie prédominante de l’époque affirmait que la vie était le résultat d’une réaction en chaîne survenue par hasard dans une mer d’ammoniaque. Contredisant cette croyance matérialiste et constituant la base de ses travaux ultérieurs, Ron Hubbard compila ses découvertes dans un traité philosophique, Excalibur, écrit pendant les premières semaines de 1938.
Se remémorant le premier des nombreux manuscrits qu’il avait écrits sur ce vaste sujet qu’est la vie, il raconte : « J’ai commencé à donner forme à ce secret et après avoir laborieusement écrit dix mille mots, j’ai vu les choses encore plus clairement : j’ai détruit les dix mille mots et je me suis remis à écrire. »
La réaction de ceux qui lurent le manuscrit fut enthousiaste, et plusieurs éditeurs manifestèrent un vif intérêt et cherchèrent avec insistance à le publier. Il refusa. « Excalibur, expliqua-t-il, ne contient aucune thérapie ; ce n’est qu’une discussion sur les composantes de la vie. J’ai décidé d’aller plus loin. »