En 1945, Ron Hubbard fut hospitalisé à l’hôpital naval de Oak Knoll à Oakland en Californie ; presque aveugle, le nerf optique endommagé, il boitait profondément à la suite de blessures au dos et à la hanche. Parmi les cinq mille patients de la marine et du corps des marines soignés à Oak Knoll se trouvaient des centaines d’anciens prisonniers américains libérés des camps japonais dans les îles du Pacifique Sud. Beaucoup d’entre eux, ayant souffert de malnutrition et autres sévices, étaient dans un état lamentable et incapables d’assimiler les protéines.
Pour essayer de résoudre ce problème, les médecins de la marine leur injectaient de la testostérone, une hormone mâle. Cependant, ce traitement ne donnait pas de résultats efficaces sur tous les patients. Ron Hubbard profita de cette occasion pour aider ses camarades militaires, mais aussi pour essayer de tester et de mettre en application une théorie qu’il avait développée.
« Tout ce que j’essayais de déterminer, écrivit-il, c’était si le mental régulait le corps ou si c’était le corps qui régulait le mental. Si les hormones ne marchaient pas sur certains de ces patients et qu’elles donnaient des résultats sur d’autres, il y avait peut-être à cela une raison mentale. Et si les patients sur lesquels elles ne marchaient pas avaient un profond blocage mental, il était alors évident qu’ils ne se remettraient pas, quelle que soit la quantité d’hormones ou le traitement médical administré. Si le mental était capable d’exercer une telle contrainte sur le corps, il serait alors incontestable que la théorie, toujours considérée vraie, selon laquelle la structure détermine la fonction, était fausse. J’ai décidé de le prouver. [...] Je ne m’intéressais pas vraiment à l’endocrinologie, mais je cherchais en fait à trouver la réponse à cette question, à savoir, était-ce la fonction qui déterminait la structure ou la structure qui déterminait la fonction ? »
En étudiant un cas après l’autre, il s’aperçut qu’en utilisant les techniques qu’il avait développées, et une fois les blocages mentaux résolus, les patients qui ne réagissaient pas auparavant s’amélioraient désormais immédiatement lorsqu’on leur administrait des traitements médicaux.
Donc, c’était un fait certain que la fonction déterminait la structure. Comme Ron Hubbard le fit remarquer à l’époque : « C’est la pensée qui commande. »
Il s’agissait là d’un concept révolutionnaire, allant à l’encontre de toutes les conceptions erronées qui avaient infesté la philosophie orientale et la science depuis des siècles.
Avec la fin de la guerre et une fois la paix rétablie, Ron Hubbard se remit immédiatement au travail et continua de tester ses découvertes. Cela représentait une activité et une recherche intensives. Il sélectionna comme sujets d’observation des gens venant de tous les horizons, et expérimenta sans relâche ses découvertes sur des acteurs et des écrivains à Hollywood où il travaillait. À Savannah, en Géorgie, il aida les patients profondément perturbés d’un hôpital d’aliénés, et il fit de même à Washington, New York, New Jersey, Pasadena, Los Angeles et Seattle. Avant 1950, il apporta son aide à plus de quatre cents personnes, avec des résultats spectaculaires. En outre, il utilisa ses procédés sur lui-même, pour guérir les blessures qu’il avait subies pendant la guerre, recouvrant complètement sa santé en 1949.
Rentrant à Washington, Ron Hubbard compila les seize années d’enquêtes qu’il avait effectuées sur la condition humaine, et écrivit le manuscrit la Thèse originelle (publié aujourd’hui sous le titre : les Dynamiques de la vie ), un essai présentant les principes qu’il utilisait. Il ne chercha pas à le publier. Il en donna un exemplaire ou deux à ses amis, qui en firent rapidement des copies et l’envoyèrent à leurs amis qui, à leur tour, en firent des copies et l’envoyèrent à d’autres. De cette façon, passant de main en main, la Dianétique elle-même devint connue dans le monde entier. La nouvelle se répandit qu’il avait fait une découverte révolutionnaire.
Ron Hubbard avait isolé la source des aberrations humaines et avait développé une technique du mental qui marchait. La Dianétique était née.
Peu après, Ron Hubbard reçut une véritable avalanche de lettres demandant des informations supplémentaires sur l’application de ses découvertes. Espérant les rendre disponibles au grand public, et devant l’insistance de ceux qui travaillaient avec lui à l’époque, il les offrit à l’association médicale américaine et à l’association psychiatrique américaine. La réponse fut révélatrice. Non seulement les autorités médicales dirent ne pas être intéressées par son travail, mais elles refusèrent même d’examiner ses résultats.